Homeschooling Luxembourg

Bienvenue sur ce site qui a pour but d'informer sur l'instruction en famille au Luxembourg.

RETROSPECTIVES ET DERNIERES NOUVELLES :

A l’aube de ce printemps 2015, ALLI asbl entame sa 3ème année d’existence.

En 2013, nous nous sommes contentés de créer un site web simplement pour faire savoir que l’école n’est pas obligatoire, permettre la liberté du choix et les échanges entre familles optant pour l’instruction en famille. Depuis, de nombreuses personnes nous ont contactés pour s’informer : des américains qui ont des propositions d’emploi temporaire et craignent de ne pas pouvoir continuer de pratiquer l’instruction en famille à Luxembourg, des parents d’enfants en souffrance à l’école cherchant une solution alternative, des parents d’enfants gravement malades ou en convalescence, des parents avec des enfants aux besoins particuliers, des parents désirant s’occuper eux-mêmes de l’instruction de leurs enfants autrement qu’à l’école, des adolescents désirant quitter le système scolaire ….

En 2014, un film sur les apprentissages naturels est à l’affiche « Etre et devenir » de Clara Bellar. Après bien des péripéties et alors qu’il démarre à peine, le film est projeté par Caramba asbl à Esch et suivi de deux débats avec des spécialistes. Nous essayons de faire la part des choses, sans chercher à embellir la réalité. Le film ne montre que de belles histoires mais tout est vrai et ressemble à tous les enfants que j’ai rencontrés et vu grandir ayant été respectés (de manière à conserver l’estime de soi-même) et ayant pu apprendre librement, ils n’ont pas fini de m’étonner par leur bien être et leur enthousiasme. Confiance et liberté semblent les ingrédients indispensables à cet épanouissement, or dans notre société nous sommes loin d’être libres et la peur nous empêche de faire confiance, alors en pratique, c’est compliqué !

Pourtant les mentalités évoluent et la société change. L’éducation au 21ème siècle n’a plus rien à voir avec celle du siècle dernier et le rôle des écoles non plus. Nos actions en 2014 ont donné envie à certaines personnes d’amorcer un dialogue constructif avec l’inspectorat dans l’intérêt des enfants et des démarches ont été entreprises en ce sens. Un projet de colloque sur l’éducation au 21ème siècle est également en train d’émerger. Sa réalisation en 2015 ou 2016 dépendra des ressources humaines et financières à notre disposition.

Depuis la question parlementaire de 2011 où la Ministre de l’époque mentionnait une vingtaine de familles ne scolarisant pas au Luxembourg et le fait qu’aucune n’avait jamais été forcée de retourner à l’école, les choses ont bien changé. Internet et les médias ont fait connaître la possibilité de l’instruction en famille un peu partout en Europe et il y a bien plus de familles non-scolarisantes au Luxembourg qu’en 2011. Toutefois nous sommes encore bien loin des 3 ou 4% de la population scolaire instruite en famille (ief) telle que l’on peut l’atteindre dans les pays très libéraux à cet égard comme les Etats-Unis. Si le pourcentage d’enfants en ief augmente, c’est que l’école ne convient pas toujours et ce choix démocratique inscrit dans les droits de l’homme peut aider la société à se réformer ou évoluer dans l’intérêt de tous. Ainsi que l’on soit pour ou contre, l’émergence de l’instruction en famille est une opportunité pour tous, comme on peut l’observer outre- atlantique.

Malheureusement entretemps à notre connaissance les enfants de deux familles ont été forcés de retourner à l’école avec pour motif un manque de compétences des parents ou de structure dans l’enseignement. Personne ne peut dire en quoi et si cette re-scolarisation sera bénéfique ou non, il y a tant de facteurs entrant en ligne de compte... Au final, ce n’est qu’une question de culture, confiance, conviction et liberté mais chacun a sa vérité et il est d’usage de faire confiance à l’école. Pourtant même le Premier ministre luxembourgeois a dit à la radio que l’école était inégalitaire et d’ailleurs plusieurs sociologues l’ont démontré. Alors pourquoi ne fait-on pas plus confiance aux parents faisant le choix de l’instruction en famille alors que cela demande tellement d’engagement et de prise de responsabilité et que forcément ce n’est pas un choix pour convenance personnelle mais bien un choix dans l’intérêt de l’enfant?

Le Conseil de l’Europe - censé veiller au respect des droits de l’homme - indique dans un rapport comme faisceau d’indices de dérive sectaire entre autres le « homeschooling », la non-vaccination, les régimes alimentaires sans protéines animales, les parents séparés, la scolarisation en école privée… Pourtant les enfants sont très rarement mis en danger suite à de tels choix (voir rapport Led’a ici). Alors que l’on dope certains enfants avec de la ritaline pour qu’ils restent bien assis et concentrés en classe et que bien des enfants manquant de sommeil deviennent malades à devoir suivre un rythme adapté aux horaires de travail des adultes, sans parler des punitions, humiliations et harcèlement subis à l’école ne devrait-on pas parler de dérives scolaires comme le fait remarquer le philosophe Bertrand Stern et les parents ne sont-ils pas complices comme pourrait le dire la défunte psychologue Alice Miller? L’efficacité et les effets secondaires des vaccins sont très controversés, la nourriture industrielle des cantines scolaires n’est pas forcément plus saine qu’un régime sans viande et l’école ne protège pas forcément du danger sectaire ou d’endoctrinement. Au contraire le contrôle régulier et au coeur des familles non-scolarisantes permettrait sans doute de déceler les enfants en danger plus facilement. Finalement est-ce que toutes ces institutions se préoccupent vraiment du bien-être de nos enfants ? Et ce rapport au Conseil de l’Europe incriminant les « homeschoolers » ne serait-il pas un prétexte avec d’autres ambitions cachées? Selon l’historien P. Rosanvallon, nous vivons à « l’âge de la défiance ». Les institutions étatiques ont déjà trop déçu.

Pour résumer, on peut dire que l’instruction en famille ne constitue pas une menace pour qui que ce soit, que chaque famille faisant ce choix est un cas particulier et que cela permet de sortir de certains paradigmes et explorer de nouvelles voies, d’innover plutôt que de se scléroser dans un système social qui est loin d’être parfait, que ce soit dans le milieu scolaire ou professionnel. Un récent documentaire sur le bonheur au travail montrait la supériorité économique de certaines entreprises ayant rendu les horaires de travail flexibles et éliminé la hiérarchie, ici aussi il s’agit de confiance et liberté. Avec un peu de bonne volonté, de courage, flexibilité et d’imagination, on peut améliorer beaucoup de choses. Comme disait Jesper Juul « wir sind die Gesellschaft », nous sommes la société, alors faisons des choix responsables et préservons la liberté du choix.

Quelques réflexions sur les dérives sectaires :

Aussi, comme le reconnaît le président de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, « il se peut que les enfants soient en danger alors même qu'ils vont à l'école publique [...] dès lors qu'ils entendent chez eux un discours tendant à discréditer l'enseignement qu'ils reçoivent à l'école » (audition de J.-P. Roulet, 12 juill. 2006, dans le cadre de la commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, AN, rapp. n° 3507, 12 déc. 2006).

Autrement dit l’école ne protège pas des dérives sectaires. Du reste, une étude empirique de 2008 a démontré contre toute attente que le fait de faire l’école à la maison n’augmente pas l’influence idéologique des parents.

“In his analysis of the National Survey of Youth and Religion dataset, Uecker (2008) finds that, for children with deeply religious parents, whether or not they were homeschooled made no statistical difference in their religious behavior and commitments. The parents’ influence was the same regardless, a counterintuitive finding that calls into question the assumption by many theorists that the homeschool milieu increases the ideological influence of parents”. Page 23 in Kunzman “Homeschooling: A Comprehensive Survey of the Research” by Robert Kunzman and Milton Gaither, published in Other Education: The Journal of Alternative Education, 2013, 2(1), 4-59

Extrait du rapport du Conseil de l’Europe (rapport complet ici) :

1.3 Les mineurs et les dérives sectaires

. Les dérives sectaires peuvent notamment influer sur les relations familiales des mineurs, leur bien-être social, spirituel et moral ainsi que leur santé ou peuvent engendrer la violence, y inclus sexuelle, sous couvert de doctrine ou d’éducation . Selon la Miviludes, malgré la complexité du phénomène des dérives sectaires affectant les mineurs, il est possible de distinguer trois situations types: 1) lorsque l’enfant se trouve dans une famille dont les parents sont des adeptes d’un mouvement sectaire; 2) lorsque l’enfant est pris en charge par un praticien – adepte d’un tel mouvement; 3) lorsque le mineur (adolescent) est séduit par un discours alternatif et absolu des membres de ces mouvements, ce qui peut le mener à rompre tout lien avec sa famille . Quand un mineur est soumis à des pratiques de «dérives sectaires», on retient de manière générale ce faisceau d’indices: isolement et désocialisation (ruptures au sein du couple parental, ruptures des liens entre les parents et les enfants, négligence de l’enfant par les parents, isolement social, enfermement suite à une scolarisation à domicile ou dans des écoles privées), atteintes physiques (maltraitance physiques, abus sexuels, privation de sommeil ou de repos du fait de séances prolongées de culte), régime alimentaire carencé (par exemple, suppression de protéines animales, produits cuits), rupture de suivi thérapeutique et privation de soins conventionnels (aussi refus des vaccinations obligatoires, refus des transfusions), déscolarisation (par exemple, abandon d’études), changement important du comportement de l’enfant, embrigadement ou discours stéréotypé ou absence d’expression autonome . La déstabilisation mentale est toujours présente dans le cas de ces dérives, quoiqu’elle puisse être combinée avec d’autres critères (le caractère exorbitant des exigences financières, la rupture avec l’environnement d’origine, l’existence d’atteintes à l’intégrité physique, l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public, etc. En tout cas si des enfants ou adultes sont en danger pour des raisons de dérive sectaire, le fait d’interdire l’instruction en famille ne résoudra pas le problème.

L'ief au Luxembourg

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